Les récits d'aventures
Par Maxime Geay, Cofondateur d'Alpimate
Vous n'êtes plus allé en montagne depuis trop longtemps, ou peut-être n'y êtes-vous jamais vraiment parti. Un soir de dimanche, en refermant un livre ou en regardant une photo, l'envie vous prend : une vraie sortie, avec un vrai pro, sur un vrai terrain. Pas une visite guidée d'un jour dans une station bondée. Une aventure. Vous ouvrez votre ordinateur.
Vous cherchez. Vous tombez d'abord sur des agences qui vendent le Mont-Blanc comme une croisière, avec un prix opaque et un guide anonyme dont le nom n'apparaît nulle part. Puis sur des plateformes internationales où votre sortie en Vanoise est classée dans une catégorie "Alpine Adventures", à côté d'un safari en Namibie. Puis sur un forum où quelqu'un vous recommande Éric, un ami qui guide, sans profil, sans diplôme affiché. Vous refermez l'ordinateur.
Un peu par hasard, quelques jours plus tard, vous tombez sur Alpimate. Une place de marché où chaque pro a sa fiche : son visage, son parcours, ses spécialités, ses inspirations, les massifs qu'il connaît. Vous cliquez sur un guide de haute montagne basé à Chamonix. Vous lisez son entretien : ce qu'il aime dans son métier, sa manière d'aborder la sécurité, l'itinéraire qu'il recommande pour un premier sommet. Vous voyez son diplôme vérifié, sa RC Pro, ses avis. Un humain. Vous lui écrivez.
Il vous répond dans la journée. Pas une réponse copier-coller : il vous pose des questions sur votre expérience, votre condition, la période qui vous arrange. Il vous suggère un itinéraire adapté, vous explique pourquoi. Vous convenez d'une date. Vous discutez du matériel, du point de rendez-vous, de la météo à surveiller. Aucun intermédiaire, aucune commission cachée. Vous parlez au pro qui vous encadrera, directement.
Cinq heures du matin. Sur le parking désert des Bossons, la brume s'accroche encore aux mélèzes. Votre guide vérifie une dernière fois les crampons dans un cliquetis métallique. Vous patientez, le regard tourné vers le glacier qui commence, là, à quelques mètres. Personne ne parle. Pas besoin. Dans quelques heures, vous serez ensemble à 4 300 mètres, sur une arête que le lever du soleil éclairera d'un rose insoutenable. C'est cette scène que nous avions en tête en créant Alpimate. Pas un ticket de musée. Une rencontre.
Voici ce qu'on croit chez Alpimate. Un guide de haute montagne, ce n'est pas un produit. C'est une personne qui a fait sept ans de formation exigeante, qui engage sa responsabilité pénale sur chaque course, qui connaît son massif comme sa cuisine. On veut qu'il soit visible, choisi pour ce qu'il est, payé sans commission opaque. On veut aussi que vous ayez toutes les cartes en main : combien coûte vraiment une journée d'alpinisme dans les Écrins, quel type de pro chercher pour un premier sommet à 4 000 mètres, la différence entre un accompagnateur en montagne et un moniteur de ski. Nos Carnets existent pour ça.
La montagne, enfin, n'est pas un parc d'attraction. On préfère vous parler des dix itinéraires oubliés à côté de la voie normale du Mont-Blanc plutôt que de vous vendre la voie normale une fois de plus. Alpimate met en avant les pros de tous les massifs français et suisses, du Vercors aux Aravis en passant par les Écrins, la Vanoise ou le Valais. La plateforme est encore jeune. On ouvre la bêta cet été, avec les pros fondateurs qui ont accepté de nous suivre. Si l'envie vous prend un dimanche soir, ne refermez pas votre ordinateur. La montagne, c'est une rencontre. Nous ouvrons juste les portes du refuge.